Journalistes et Attachés de presse ou la schizophrénie amoureuse

Yangire-Yandere girl

Yangire – Yandere !

 

La relation entre les journalistes et les RP, c’est bien plus qu’une simple histoire d’amour tumultueuse.

Ce n’est plus ce premier amour idéalisé à jamais dans ton cœur. Quoiqu’en jeune RP, tu imagines une belle histoire épistolaire, voire de visu entre cet être sacré qu’est le journaliste et toi, vassal prêt à satisfaire tous ses besoins (une quête secrètement animée par ton impérieuse envie de devenir un super RP). Doux enfant.

Ça ne sera pas cette histoire boring charnelle, passionnelle où vous vous appelez tous les jours, pour savoir ce que l’autre a mangé ce midi, et ce qu’il/elle fera ce soir (alors que vous vous voyez déjà plus tard). A moins de batifoler avec le camp adverse. Belle infiltration.

Ce n’est heureusement pas ce plan cul qui reconnaît ton existence une fois l’an, une fois tous ses autres dossiers classés et que bon, il ne lui reste plus grand-chose sous la main à traiter là. Alors pourquoi pas. La détresse du coup de fil. L’espérance de la reconnaissance.

Non.

La relation RP/journaliste, c’est ce bon vieux couple qui s’aime depuis de trop longues années déjà. Qui s’aime et se déteste un peu à la fois.

En avoir marre parfois l’un de l’autre, mais ne pouvoir vivre l’un sans l’autre. Chacun étant la pierre angulaire de cette relation aigre-douce.

C’est vrai qu’on vous appelle (trop) souvent. Mais on pourrait également dire qu’on se rappelle à votre bon souvenir. Il arrive même qu’on tombe juste à pic pour votre sujet ! C’est pas tip top ?

C’est vrai aussi que vous êtes (souvent) en retard, en bouclage, que oulala ça urge il vous faut l’info tout de suite. On râle dans notre coin, mais en réalité, on est bien contents d’avoir pu régler la situation et placer nos infos/clients in-extremis, vous savez !

C’est pas totalement faux qu’il nous arrive d’envoyer des infos avec un délai fluctuant. Mais c’est aussi vrai qu’on arrive pas forcément à avoir une information à 19h pour le lendemain 7h. Et ça nous attriste. Et on en dort mal parce que vous nous en voulez alors qu’on ne souhaite que votre amour. Ces petites querelles qui ternissent une relation si joliment dissonante.

Il n’est pas rare de râler en lisant vos mails, comme vous nous bennez à notre grand désespoir, on le sait. Ne nous mentons plus, nous nous aimons depuis bien trop longtemps pour ne pas être honnêtes les uns envers les autres. Pourtant on est les premiers à fondre devant votre « merci » et avoir des papillons dans le ventre telle une demoiselle devant son damoiseau.

Bon des fois on vous envoie des mails qui sont juste à l’opposé de ce que vous traitez. La colère divine est justifiée. MAIS, on fait au mieux sachant le nombre de mails envoyés par semaine (jour). Si, si. C’est ce qui s’appelle être « Attachiant » de Presse.

Cela vous est déjà arrivé d’appeler, outrés de n’avoir reçu le visuel envoyé à 15h17, et qui a atterri dans vos indésirables. « Oups ». On sait que cet appel n’est en réalité que le signe du manque, tel ce vieux couple que nous sommes au fond.

C’est vrai qu’on vous a appelé hier, puis qu’on le fera demain, mailé 20 fois depuis la semaine dernière, et que si on pouvait on vous enverrait des textos avec des smileys, mais c’est qu’on est jaloux. Depuis toutes ces années et ces RP frais et innocents, on sent l’infidélité qui pointe le bout de son nez. On est obligés. L’amour ça s’entretient.

Et comme souvent, ceux qui ne sont pas dans la relation, qui la voient d’un regard froid et extérieur ne peuvent comprendre que les RP et les journalistes, c’est pour le meilleur et pour le pire. Jusqu’à ce que la mort nous sépare.

Il n’y a qu’à regarder les beaux articles et interviews réalisés ensemble, dans la douleur et les cris. Pour un résultat toujours plus beau, toujours plus fort.

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4 réflexions sur “Journalistes et Attachés de presse ou la schizophrénie amoureuse

  1. Jean-François dit :

    Mon expérience de 10 ans de journaliste et 10 ans d’attaché de presse me pousse à applaudir des 2 mains à la lecture de cet article… J’y retrouve dans de cas vécus ! 🙂
    Dès ma formation à l’École de Journalisme, où l’on nous bourrait le crâne à coup de « méfiez-vous des communicants et attachés de presse ! »… On nous montait les uns contre les autres (alors que nous étions déjà potes d’études, nos salles de cours se touchant), avec le secret espoir de nous transformer en frères ennemis.
    Puis ces attaché(e)s de presse qui m’inondaient de communiqués, d’appels, de relances…
    Et maintenant que je suis de l’autre côté de la barrière, cette crainte de saouler, de lasser, d’être contreproductif… lais cette impérieuse nécessité de vérifier, d’en remettre une couche, de défendre mon sujet… 🙂

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    • P R I S M - le blog dit :

      Merci pour ce gentil commentaire !
      « Frères ennemis », encore une expression juste pour qualifier cette relation si complexe et exaltante à la fois.
      L’attaché(e) de presse, toujours sur le fil du rasoir… Mais avoir pratiqué le métier de journaliste auparavant vous donne un certain recul en tant que RP (j’imagine tout de même quelques conflits intérieurs ? :))

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